Recycler l’essuie‑mains : quand l’innovation industrielle rencontre l’intelligence collective
La semaine dernière, nous étions à Annonay, chez MP Hygiène – MPH1865, à l’invitation de François Miribel, Directeur Général Adjoint, pour une journée riche en échanges.

Pourquoi ? Parce que cette démarche s’inscrit exactement dans ce qui nous anime chez RECYGO : faire avancer, très concrètement, les boucles du recyclage, en partant des usages réels et du terrain.
L’objectif de cette rencontre : offrir une seconde vie aux essuie-mains usagés, un gisement aujourd’hui encore très peu recyclé, alors même qu’il est massivement utilisé dans les entreprises et les collectivités.
MP Hygiène : réduire l'impact sur tout le cycle de vie du papier essuie mains
Depuis plusieurs années, MP Hygiène – MPH1865 est engagé dans une démarche industrielle forte pour réduire l'empreinte carbone de ses produits. Leur gamme Renovelar en est une illustration très concrète : des essuie-mains et papiers d’hygiène fabriqués en France, conçus pour utiliser moins de matière, générer moins d’émissions de CO₂ sur tout le cycle de vie, tout en conservant la performance attendue à l’usage.
Chez RECYGO, nous partageons cette conviction : réduire l’impact à la source est indispensable. Mais nous sommes aussi convaincus d’une chose : la performance environnementale ne s’arrête pas à la mise sur le marché du produit. Pour aller au bout de la démarche, il faut aussi se poser la question de l’après-usage. Et c’est précisément là que tout se complique… et que notre rôle prend tout son sens.
Est-ce que le papier essuie-tout se recycle ?
Le papier essuie‑mains est conçu pour remplir une fonction précise : résister à l’eau. Pour y parvenir, il intègre un adjuvant appelé Kymene, qui renforce les liaisons entre les fibres de cellulose.
Ce traitement est indispensable à l’usage… mais il a un effet collatéral majeur : il complique fortement le recyclage.
Dans les procédés classiques, le recyclage du papier repose sur la capacité à redisperser les fibres dans l’eau. Avec le Kymene, ces fibres restent « verrouillées ». Pendant longtemps, le papier essuie‑mains a donc été écarté ou très faiblement valorisé, souvent orienté vers l’incinération ou l’enfouissement.
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Comment recycler le papier essuie-mains ? Une innovation industrielle qui change la donne
C’est précisément là qu’intervient l’innovation de notre partenaire MP Hygiène, devenu WEPA Professional France.
Aujourd’hui, leur outil industriel est capable de recycler des essuie‑mains malgré ce traitement “anti‑eau”. Une avancée industrielle majeure, qui ouvre enfin une nouvelle voie de valorisation pour ces papiers d'hygiène jusqu’ici considérés comme trop complexes.
Mais une innovation, aussi prometteuse soit‑elle, ne suffit pas à elle seule.
Le vrai enjeu : la collecte
Une fois le recyclage rendu possible, une question clé se pose immédiatement :
Comment collecter le papier essuie‑mains usagé, directement dans les sanitaires ?
Plusieurs défis se croisent :
- capter la matière au bon endroit,
- proposer des gestes de tri simples, compréhensible par tous,
- garantir une hygiène irréprochable,
- et maintenir un coût acceptable pour les sites.
Autrement dit : faire en sorte que la solution fonctionne réellement au quotidien, réponde aux besoins spécifiques de chaque site, sans ajouter de complexité inutile.

Une collecte des essuie-mains accessible à tous, partout en France
Avec François Miribel, nous travaillons sur ce sujet depuis plusieurs mois. Ensemble, nous avons posé les bases d’une solution de collecte nationale, en identifiant les freins, en testant des hypothèses, parfois en revenant en arrière pour mieux avancer ensuite. Ce travail dans la durée est indispensable lorsqu’on veut créer une filière crédible, capable de tenir la promesse : collecter, trier, recycler et réintégrer la matière.
La réunion d’Annonay marque ainsi une nouvelle étape : celle du passage du concept à l’expérimentation terrain.
Annonay : une étape clé avec des partenaires testeurs
Nous avons souhaité tester cette solution avec des entreprises volontaires du bassin d’Annonay, aux profils et aux contraintes variés, avec un point commun : un engagement environnemental fort ! La richesse de la réunion est venue de là : des échanges très concrets, des questions franches sur l’organisation du tri à la source, sur les conditions de collecte, sur les impacts environnementaux attendus, mais aussi sur les limites à anticiper.
Est-ce que le papier essuie-tout va au compost ? Quels sont les types de papier qui ne peuvent pas être recyclés ?
La visite du site industriel MP Hygiène a permis de rendre tangible la boucle du recyclage : comprendre où va la matière, comment elle peut être retravaillée, et pourquoi chaque étape compte. Pour nous, ce temps de pédagogie partagé avec les partenaires est essentiel : on ne réussit un projet de recyclage que si chacun comprend le “pourquoi” et le “comment”.
Et maintenant ? Place au test
La suite est claire : nous lançons désormais le test de collecte des essuie-mains usagés sur le bassin d’Annonay.
Chez RECYGO, nous croyons beaucoup à cette approche par l’expérimentation : tester, mesurer, ajuster, apprendre… avant d’envisager demain un déploiement plus large.
Nous reviendrons régulièrement partager les enseignements de cette phase test, car c’est aussi notre rôle : rendre lisibles des sujets complexes et faire progresser collectivement les pratiques de tri et de recyclage.
Une nouvelle étape commence. Les bases sont posées.
Les boucles du recyclage se construisent sur le terrain.




